L’AS DE PIQUE (illustré par Michel Cadière)

Au commencement, l’auteur de ce « roman » pas comme les autres se trouve devant la mythique page blanche, à l’instar de l’innocence édénique des premiers pas humains. L’image d’un enfant lui vient alors à l’esprit. La page est vierge, de sorte qu’on ne sait rien de ce petit être.

On l’imagine alors amnésique. La page ne parle pas non plus, ce qui nous suggère une aphasie dont il souffrirait. Tel est le point de départ de cet écrit/récit. La trame en est totalement fictive.

L’histoire est censée, à la manière d’une intrigue policière, expliquer comment une petite victime, angélique et fragile, des passions humaines a pu en arriver là (son état), arriver là (un village de l’Hérault), et pourquoi, de surcroît, il est sujet à des absences, de même qu’il a du mal à s’alimenter.
L’as de pique est la version originelle du Prince et du boucher, paru en 1999 chez L’Harmattan, grâce aux bons soins de Maguy Albet et de Paule Plouvier.
Il s’en distingue par sa composition, bien plus complexe, et qui  témoigne de recherches formalistes (Partir de rien et écrire un roman)  mises dès lors en application et évidence.
L’As de pique se divise en effet en trois parties, lesquelles correspondent à trois points de vue différents (Il, Je, Tu), chacune étant marquée à la fois par à une langue spécifique, une carte à jouer (bien scandées par les illustrations de Michel Cadière), un espace en expansion  et un rythme temporel progressif.

Les lieux sont inspirés de souvenirs d’enfance, chez des grands-parents maternels, dont les caractères ont été remodelés.
Le plan général posé, ne restait plus qu’à se laisser porter par le mystère originel qui enveloppait mon petit personnage, mon petit prince. Les aléas de l’écriture ont fait le reste.
Les Inséparables, publiés en 1995 par Climats (repris par Flammarion), s’inspiraient d’un fait divers réel, lequel m’avait touché de près.

J’ai voulu ensuite en inventer un inédit à ma façon, d’une part pour me prouver que je n’étais pas dépourvu d’imagination (celle que sollicite l’écriture), de l’autre parce que le fait divers nous en apprend beaucoup sur la nature humaine. Bien plus que notre lecture superficielle des actualités ne nous le laisse en général supposer. BTN