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MAGUELONE 2005 Pour renaître à l'enfance Aux rêves d'un enfant Il faut savoir traverser l'île Trouver les mots qui vous ouvrent les grilles Et clament l'humble triomphe des étangs Et les mille et une merveilles Qu'un trémail affairé abstrait de l'harmonie nocturne : La précieuse collecte des coquillages d'or Les bains de guitare aux accords de minuit La pêche fabuleuse parmi les grappes charnues Le salut de l'aïeul planté dans la terre féconde Et déjà sous l'intraitable dieu de plomb De tous côtés du bleu du bleu du bleu A n'en plus pleuvoir
En ces temps un enfant était prince de la plage Et tout prince un enfant des plages Et les plages étaient désertes en ces temps-là Et la plage en l'occurrence Etait celle de Maguelone Avec son sacré vaisseau de pierre Dans son écrin végétal Au cœur d'une île Vouée jadis à d'autres seigneuries
A vol de flamant On eût pu deviner dans le lointain La volcanique agathoise Rivale grecque d'alors Avec ses droites filles de lumière Vouées au destin souverain Qui cultive les âmes sœurs Et les conduit au pays de l'autre Que l'on porte dès l'origine en soi
Plus de mille ans auparavant Un enfant du retour de la pêche Se fût étonné De l'afflux de pèlerins Bien au-delà des étangs de la ville neuve Vers les collines désertes du Septentrion Là où naissait une cité Sous la tutelle d'un disque d'or
L'enfant a grandi Les grilles sont ouvertes aujourd'hui Là où le bleu s'unit au bleu (Car tout instant a des saveurs d'éternité) Pour qu'à l'instar des amants de légende Le petit prince de Septimanie Vînt retrouver sa Maguelone
A l'ami perdu laissons le mot de fin Avec le temps va tout va bien. |