Dossier publié en avril 2009 par L'art-vues                                                              

TOUT TOUT TOUT ET LE RESTE SUR NÎMES
Sans doute était-ce parce que j’en avais assez de faire la navette entre Montpellier, ma ville, et Nîmes, son Carré d’art et ses nombreux amis artistes (Alkéma, Azémard, Bordarier, Brantuas, Clément, Lunal, Maghraoui, Reynier, Viallat…) que j’ai fini par m’installer à égale distance des deux. Et il est de fait que contrairement aux idées reçues de ceux qui voudraient maintenir une artificielle guerre entre les deux cités, l’une médiévale, l’autre romaine, l’aînée et pourtant la plus modeste des deux (elle ne s’est jamais crue « surdouée »), du point de vue des arts plastiques et relativement à son nombre d’habitants, la romaine donc n’a guère à rougir de sa comparaison avec l’autre. Certes le Frac y semble moins implanté mais il y a Carré d’art, dont le prestige déborde largement les frontières régionales, nationales et méditerranéennes et qui nous a gratifiés d’expositions marquantes, qu’il s’agisse de peinture (je pense à la nouvelle peinture allemande, à Fiona Rae, Peter Doig, Thomas Huber), de vidéo, ou d’installations. Markus Raetz a fait l’unanimité ; Baldessari a joué son rôle didactique ; Gilles Barbier est incontestable etc. Il pouvait difficilement en être autrement vu les choix effectués par la responsable actuelle, son prédécesseur ayant certes exposé les artistes de notre région mais au compte-gouttes, et souvent en tir groupé (Dezeuze, Reynier, Bordarier, Duport, Arnal…). Dans la collection on retrouve Suzanne Lafon, Tony Cragg, Frize… Nîmes n’a pas l’équivalent d’une galerie comme Trintignan (l’inondation du siècle a eu raison de la formidable galerie qu’avait ouverte alors Marthe Carreton et où j’ai pu voir, au milieu des années 80, le meilleur de la production d’alors (Autard, Castellas, – et beaucoup d’artistes du cru) mais Philippe Pannetier s’est intelligemment imposé comme un galeriste privé incontournable (le Frac ne s’y est pas trompé), un partenaire incontestable au goût et aux choix toujours justes : il suffit de s’arrêter dans sa galerie-librairie pour s’en apercevoir. Dernièrement on pouvait y découvrir Gagneux ou Andrieu, Sanejouand ou Ducaté, Saytour et Viallat. On a beaucoup polémiqué autour de l’école des Beaux-arts, notamment autour de la personnalité de son nouveau directeur, Dominique Gutherz, comme si ce dernier n’avait pas suffisamment d’honnêteté intellectuelle pour dissocier sa vocation de directeur de ses engagements personnels. La polémique est bien retombée et l’école retrouve petit à petit sa place parmi les endroits que l’on dit, dans les réseaux autorisés, fréquentables. On a pu y voir Lucy Vines ou Paula Rego. Et puis il y a tous ces lieux associatifs qui font que, quand on va à Nîmes, il ne faut pas avoir peur d’arpenter du macadam et qui complètent ce que Carré d’art, dont ce n’est pas la vocation, ne saurait tout seul proposer : La Vigie qui, depuis 20 ans suscite des « rencontres », d’artistes d’ici avec ceux venus d’ailleurs, dans un espace assez compartimenté pour que les artistes soient tentés de s’y confronter ; 4 Barbier qui crée chaque mois l’événement avec une exposition-performance ; La Salamandre plus éclectique avec parfois des expositions décisives (Rodolphe Huguet ou Hamid Maghraoui, Berclaz, Lunal…) et même des lieux municipaux comme la galerie des arènes (qui semble vouée à renaître ailleurs de ses propres cendres) ou la chapelle des Jésuites. Enfin il ne faut pas oublier l’ancienne Esca de Milhaud (Lydie Jean dit Pannel ou Jeanne Susplugas), qui continue à sévir hors les murs, en particulier du côté de PPCM, partagé avec Arlelinea, venus eux de Congenies et davantage tournés vers l’art qu’on dit branché. On a pu notamment y voir Natacha Lesueur. Ajoutons que s’y maintient courageusement une biennale, une foire unique dans notre Sud, et que Catherine Guilbot (ex Hôtel puis Quai des Allégories) n’a pas dit son dernier mot comme le prouve l’édition récente d’un DVD d’artistes. La photo y a sa place, tout comme à Montpellier, avec Negpos en train de passer à la vitesse supérieure, et la toute nouvelle petite galerie du Lac gelé. Je terminerai en disant qu’outre ceux qui viennent immédiatement à l’esprit lorsque l’on pense à Nîmes, j’ai eu la chance d’y voir éclore, du temps de la période Bousquet-Bob Calle des talents comme ceux de Jean Laube ou Claude Caillol, (mais aussi Anne Vidal, Hans Birkmayer, Stéphen Maas…) que l’époque Musée Cité Foulc nous a réservé aussi des expositions d’une grande qualité, de Picasso à Schnabel en passant par Klee, Masson ou Picabia mais aussi Blais, Barcelo, l’Arte Povera, Turell,  Arman, Viallat et tant d’autres. Que la génération Viallat, Clément s’est beaucoup dépensée dans les années 80 du côté des Beaux-arts pour qu’existe à Nîmes un véritable Musée d’art contemporain, il est bon de le rappeler. Et qu’on vient à Nîmes aussi pour le visiter, estimer son architecture (son mur Foster ! Son Kelly et son Richard Long ! ). Qu’on peut apprécier, en se baladant en ville, les conceptions d’un Martial Raysse ou d’un Bernard Pagès, et bientôt de Clément, pour ne point parler du Nemausus de Novel, exalté récemment par Pascal Fancony. Qu’y vivent des personnalités aussi attachantes que Luc Bouzat, Marcel Robelin, Charles Vilder, Joris Brantuas, Rodolphe Huguet et quelques autres. Enfin, pour en revenir aux Beaux-arts, enrichis de Scanreigh ou Pinault, Plagnol ou Depralon, et avec toujours Hubert Duprat aux avant-postes (il expose actuellement au Frac L.R), Julien Doré y a fait son petit bonhomme de chemin avant de s’imposer parmi les espoirs de la chanson française, et d’enregistrer son duo avec Salvatore  Adamo, gage de son bon goût pour la variété francophone et de ses ambitions d’une carrière internationale qui dure. BTN
J’ai demandé aux lieux incontournables de se situer au sein de ce que je considère comme une richesse pour la ville : la diversité de ses manifestations de tous ordres. Tous ont répondu présent ! Qu’ils en soient remerciés…

Françoise Cohen, Directrice de Carré d’art musée d’art contemporain de Nîmes, Place de la maison carrée, 0466763577

Le musée d’art contemporain au sein du Carré d’art existe depuis seize années. Depuis son ouverture, nous avons organisé 43 expositions et exposé 294 artistes. La collection elle-même est constituée de 481 œuvres réalisées par 168 artistes. C’est donc une importante richesse sensible et intellectuelle qui est mise à la disposition de tous au travers de ces présentations.
Il est réducteur, voire impossible à l’époque contemporaine de limiter connaissance et sensibilité à une identité locale alors que tous les autres domaines de la vie, personnel et de travail, de loisir, informatif renvoient à une expérience du monde. Le Carré d’art est donc une porte. Il ne présente pas tout, notamment parce que depuis les années 80, l’art n’est plus structuré en mouvements ce qui le rend plus complexe et varié. Mais Carré d’art maintient son ouverture à une scène internationale avec de nombreux contacts berlinois, ce qui rend compte de l’affirmation de cette ville comme nouvelle capitale européenne de la culture.
Si le mode de présentation n’a que peu évolué, Carré d’art s’inscrit facilement dans l’histoire du white cube, des grandes salles de musée avec leur éclairage zénithal, l’art a beaucoup changé. La vidéo, par exemple, crée une perception temporelle différente de la visite et ouvre à d’autres références. Celles du film, de la question du documentaire qui interroge le réel sous d’autres formes que la collecte d’objets. L’ « amateur » pense souvent l’art puisant à la source de l’art et de l’ego de l’artiste. C’est une expérience personnelle mais pas forcément une expression intime, l’artiste agit comme filtre individuel par rapport aux événements du monde.
Avec internet, la conception de l’univers copernicien, en mouvement et sans centre se réalise dans la pratique quotidienne de chacun. Carré d’art est un point sur la carte de l’art contemporain mais a pour vocation à donner accès à un monde de l’art de plus en plus vaste et qui se globalise, non pas forcément dans les pratiques mais dans le fait que le signal puisse venir de partout. Cela nous demande de développer d’autres formes de mobilité au travers des générations d’artistes et de public, par le web et en favorisant les ponts vers d’autres pratiques. C’est ce que nous avons fait avec la musique contemporaine avec différents événements comme Un son par là, Intersections ou encore récemment avec le week end Télérama qui ont vu les interventions de Pascale Berthelot et Laurent Pichaud chorégraphe en résonance avec l’œuvre de Jean-Luc Moulène. Ils répondent à la fois aux souhaits de proposer des modes d’emploi à l’œuvre tirés de celle-ci mais aussi empruntés à d’autres pratiques.

 

Philippe Pannetier, Galerie Pannetier, 2 bis rue de la calade, 0466360311

- C'est, la France, son Sud, la Région Languedoc Roussillon, son Gard, la Ville de Nîmes, qui sont de merveilleux atouts pour une position centrale, Place du Théâtre, 2bis de la Calade, qui décidèrent de la situation de la Galerie dans l' Art Vu Aujourd'hui.
- C'est, la constance de l’engagement de l'État, du Conseil Régional, du Conseil Général, des communes et spécialement : la Nîmoise, qui favorise la pensée traduite par le médium art dans l'action éducative et de recherche artistique qu'elle orchestre, dans les paysages naturels et urbains, avec, ses musées, ses centres d'arts (ralliant musique théâtre danse littérature… ), ses lieux administratifs, ses associations, ses entreprises. Soit la connivence particulière des éléments politiques, économiques, informateurs, touristiques, de cette géographie qui inspire les entités que sont les productions contemporaines.
- C’est, ce réel désir, de transmission des connaissances, induit par les décideurs privés et publics qui permet, à la galerie, la présentation des travaux artistiques dans des conditions optimales. Tel la première exposition sudiste de l'artiste international qu'est Jean-Michel Sanejouand dans un partenariat raffiné avec la Région Languedoc Roussillon et le Directeur du Fond Régional d'art Contemporain ; ou encore l'événement national de l'exposition premier jour du timbre poste national de Claude Viallat en collaboration étroite avec la mairie de Nîmes, sa Poste, et le soutient attentif de la Préfecture du Gard ; tout comme on peut voir l'engouement, la lisibilité, accordé aux jeunes talents comme Seb Jarnot, qui, sans le soutien de la gare de Nîmes-centre, n'aurait pu, faire l'exposition au Palais de Tokyo qu'il a préparée avec la galerie ; ou encore, la production de "Peinture à l'huile n°3", installation vidéo de  Thomas Bernardet réalisée avec la complicité du moteur Jaguar France qui a vu sa mise en place en galerie  récompensé par la bourse Wiels de Belgique accordée aux artistes émergeants ; ainsi, "DENIM" l'œuvre de Fred Pradeau qui fut épaulée par la Ville Active Grand Sud ; les expositions du peintre Hollandais, Kees Visser qui n'auraient vu le jour sans la rencontre proposée par la Directrice à l'École Beaux Arts de Nîmes.
- C'est grâce à ces sympathies que la galerie put organiser des manifestations comme celle de Patrick Saytour, Jean Dupuy, Rodolphe Huguet, Michaël Viala, Tjerd Alkema, Lawrence Wiener, Jean-Marc Andrieu, Toni Grand, Romain Laveille, et de nombreuses autres, qui ont bénéficié aux moments opportuns des participations courtoises et sincères de nombreux décideurs régionaux, nationaux et internationaux.
- C’est dans ce contexte bienveillant, que cette année fut engagée avec les expositions de Marie Ducaté inscrite dans une collaboration avec les régions Provence Alpes Côte D'Azur et Rhône Alpes, de Jean-Claude Gagnieux dont l'œuvre plastique est collectionnée entre autre au Musée Contemporain de Carré d'Art, de Julien Bouissou qui après avoir fait ses études aux Beaux-Arts de Nantes  prend atelier dans la région. À celles-ci sont greffées les courtes manifestations "Rendez-vous!" avec le Trio Deleuze, Diratz, Bernard (musique), "Kiss-me" Valparess (éditions-dessins), de Francine Messier (Dessins) avec les extérieurs de Mika Perez et Alexandre Allégrie (peintures). Puis les préparations des manifestations de Guillaume Séguron (Musique-vidéo) et Rodolphe Huguet qui signera son impressionnante monographie à partir du 1er avril, soit des événements tissés dans un ensemble à voir et écouter avec des présentations temporaires d’Éric Watier, Carlos Kusnir, (présent simultanément au musée de Sigean) et, (conjointement à son exposition à la Fondation Beyeler Bâle) Mathias Huart. Nîmes, le 23 Mars 2438.

 

Roger Bouvet pour GALERIE ESCA, 76 route de Nîmes - 30540 MILHAUD
(0)4 66 74 23 27. Et La Spesa, pour ARTELINEA- art contemporain au 2 rue des Marchands 30111 Congénies, les deux au PPCM, 51, rue des Tilleuls,
04 66 80 23 95

LE PPCM (le plus petit commun multiple), 51 rue des Tilleuls (quartier Jean-Jaurès)
Galerie Esca et Artelinea, agissant en légitime "association de bienfaiteurs" ont ouvert à Nîmes un lieu dénommé le PPCM (le plus petit commun multiple) au 51 rue des Tilleuls en mars 2008, regroupant ainsi une double potentialité artistique, de production et de diffusion.
L’ESCA : Comme toutes les galeries nous montrons et soutenons le travail de certains artistes parce que leurs pratiques vivifient les courants culturels et artistiques contemporains.
L’Espace de Soutien à la circulation Artistique(ESCA) s’est déplacé de la périphérie au centre de Nîmes pour cette cause et en même temps que l’association Artelinea . Un moment de transition ? Notre programmation, pour 2009, s’est focalisée sur la dynamique artistique qui peut naître dans un couple d’artistes. Le prochain tandem que nous recevrons à partir du 6 juin 2009 est formé de Yves Caro et Manoela Ferreira.
L’ESCA avec le Festival d’Images Artistiques Video créé en 2001 a permis des rencontres et des confrontations entre diverses cultures du pourtour méditerranéen, maghrebines et occidentales. Les œuvres auxquelles sont décernées des prix (dont le prix Ville de Nîmes) entrent dans « L’arche vidéo ».C’est là la raison qui incite d’autres festivals -LOOP à Barcelone et VIdEO.IT à Milan-à nous inviter, nous permettant ainsi de faire circuler ce fonds artistique constitué et s’enrichissant chaque année d’œuvres nouvelles. http://www.galerie-esca.com - galerie.esca@orange.fr

Artelinea : Dynamisée par le couple d’artistes Maurin et La Spesa, l’association Artelinea est basée à Congénies depuis 2001, où s’organise annuellement un programme de mini-résidences vidéo, moments privilégiés de rencontres de travail en vue de la réalisation de projets audiovisuels.
Par la suite, les « retours » de ces résidences sont présentés au PPCM sous des formules diverses selon les artistes : projections, présentations, ateliers, discussions ou expositions, sur un temps assez court, une ou deux fins de semaine par exemple.
Par ailleurs, Artelinea organisent des expositions composées d’une ou plusieurs pièces inédites car produites par l’association pour l’occasion. Ces deux axes de travail permettent aux animateurs de soutenir d’une manière engagée et concrète des artistes de différents horizons selon leurs rencontres et leurs préoccupations artistiques du moment.
Par la fréquence des manifestations proposées, due à cette cohabitation de deux énergies programmatrices, le PPCM pourrait attirer des curiosités et des publics nouveaux et variés vers les formes non moins variés constituant le domaine des arts plastiques et visuels actuels.
Prochain rendez-vous le 18 avril pour « Plan Iode » une exposition de Jeanne Susplugas et Alain Declercq, à la frontière de ce que les deux artistes ont choisi comme terrain d’action : la pharmacopée et l’univers médical pour la première, la peur et l’armée pour le second...
Contact: http://artelineha.wordpress.com - artelinea@freesbee.fr.

Dominique Gutherz et Jean-Marc Cérano, Ecole des Beaux-Arts de Nîmes, 10, grand rue, 0466767022

Pôle exposition

L’École des Beaux-Arts de Nîmes offre depuis plusieurs années à ses étudiants une grande diversité d’expériences en lien avec “l’exposition”, enrichies par le fait que l’École est implantée au sein d’une ville  qui a su se doter de structures artistiques importantes (Carré d’Art-Musée d’Art contemporain, Musée des Beaux-Arts, Galeries municipales) et qu’elle possède elle-même dans son bâtiment principal trois grandes salles dans lesquelles se déroulent régulièrement des expositions dont certaines prestigieuses : Balthus, Raoul Hausmann, Alechinsky, Martine Franck, Paula Rego et au mois de mai Topor (du 23 avril au 1er juin, 30 années d’estampes).
Chaque année un nombre conséquent d’expositions d’étudiants encadrées par l’école se tiennent dans différents lieux sur la ville Nîmes, la région L.R., mais également ailleurs en France voire à l’étranger. Ces expositions permettent aux étudiants de se confronter à l’accrochage et à la présentation de leurs travaux personnels dans des espaces aux contingences et aux exigences professionnelles, et favorisent des rencontres avec un public extérieur à l’école.
La majorité des étudiants participent également à des stages dans des lieux institutionnels (le Musée d’Art moderne de Saint-Étienne, le Centre international d'art et du paysage de Vassivière, le Centre d’art contemporain de Kerguéhennec entre autres). Ils appréhendent ainsi les enjeux techniques comme conceptuels et administratifs du montage d’exposition et cela leur permet tant une approche du travail professionnel de manipulation et d’accrochage des œuvres d’art que la possibilité de s’imprégner de la scène artistique contemporaine en collaborant directement avec des artistes ou des commissaires d’exposition.
Un partenariat avec le Frac L.R. permet en outre aux étudiants de faire l’expérience d’un commissariat et d’un accompagnement d’exposition : choix des œuvres et de la thématique, accrochage, mais également conception affiche et carton d’invitation, communiqué de presse,  relation presse et visites guidées tous publics comme scolaires. Expériences qu’ils réinvestissent dans leurs propres expositions.
Enfin chaque année, sous forme de conférences ou de séminaires, des intervenants extérieurs viennent questionner un des aspects particuliers de “l’exposition”, de la mise en exposition de l’art contemporain.

Isabelle SimonneauV, La Vigie, 32, rue Clérisseau. 0466217637

La vigie est née, il y a dix-sept ans à Nîmes, grâce à l’opportunité du lieu mis à disposition.
C’est ce dernier, un ancien hôtel de poste qui a déterminé géographiquement la Vigie dans cette ville.
Le fait de disposer de ce bâtiment, a permis de donner corps à l’envie de créer un lieu de travail et de rencontre autour de l’art contemporain tout en définissant la spécificité de La Vigie dans son rapport au lieu.
Loin de vouloir rivaliser avec les structures déjà en place, et forte de ses particularités singulières qui la distinguaient des autres galeries, centres d’art ou musées, La Vigie a assumé ses éviers, tuyauteries, compteurs, carrelages colorés et autres fantaisies, pour se proposer aux artistes comme base de travail, feuille blanche ou support de sculpture, élément à apprivoiser, transformer, plier au bon vouloir, élément auquel se confronter, auquel réagir, avec lequel créer un duo.

Les expositions depuis 1992 ont pris forme sous le titre de « Rencontres n° », au rythme de deux par an, ces expositions réunissent des artistes d’horizons parfois très différents, autour d’un propos, avec le soucis particulier d’être attentif, autant à ce qu’il se passe dans notre région, qu’autre part en France ou dans le monde.
Les artistes présentés sont maintenant nombreux, environ 130, et le vrai intérêt de ces expositions est le jeu de la mise en relation.
Depuis 4 ans maintenant la série des «No limit» est venue s’ajoutée à celle des Rencontres, en proposant La Vigie à des artistes déjà montrés lors d’une « Rencontres » et les invitant à se confronter seul à l’intégralité de l’espace, ou selon leur gré, de s’entourer d’artistes de leur choix.
Ces «No limit» permettent d’avoir un suivi avec les artistes et de proposer au public une approche nouvelle, comme un gros plan, sur leurs travaux 
La Vigie est donc venue en complément dans le schéma nîmois, proposer sa vision des choses ou plutôt celle des artistes et leur façon toujours innovante de reconsidérer cet espace et au final de le faire exister et redécouvrir toujours différent. 
A venir : Rencontres n°33 vernissage le 22 mai 2009 : Florence Carbonne; Marion Jannot ; Marie Lepetit ; Alexandra Roussopoulos Du 23 mai au 25 juillet 2009

Patrice Loubon, NegPos, 1, cours Nemausus, B 103. 09 54 13 22 72

Projet hybride créé en 1997 autour de l’image photographique et de ses pratiques créatives, NegPos -négatif/positif en abrégé- intervient sur la diffusion d’expositions, l’aide à la création, la formation, des projets éditoriaux et des résidences. Pour ses formations NegPos dispose d’un espace de travail, dans le quartier de Valdegour (ZUP Nord). Outil dédié à la production d’images, l’atelier propose depuis avril 2009 des formations destinées à des publics de tous niveaux. En quête de visibilité nationale et internationale, la galerie de NegPos multiplie les participations à des salons (ArtéNim 2006 et 2007, Buenos Aires Photo 2007, SNAP à Rabat, 2008) et à des projets patrimoniaux (« Valparaiso 1940-1950 » d’Antonio Quintana, photographe chilien, accueillie par la galerie photo de la Maison des Amériques Latines à Paris, encore visible jusqu’au 29 mai, en partenariat avec l’Ambassade du Chili). Souhaitant intégrer le marché de la photographie, la galerie installée au Némausus de Jean Nouvel, développe dés 2006 la vente de photographies, elle représente aujourd’hui quelques trente photographes de tous horizons (France, Brésil, Mexique, Cuba, Chili, République Dominicaine, Iran, Japon, Corée). Amplifiant la dynamique, NegPos créé en 2008, le premier Salon de photographie de la Région, baptisé « Hôtel en Vues ». Dédié à la vente, il se tient à l’Hôtel Le Cheval Blanc du 8 au 14 juin 2009. Pour finir, NegPos vient d’inaugurer le 5 mars dernier, le 3ème Printemps Photographique, sous-titré « Révolution Animal #1 » il présente jusqu’au 15 juillet 2009, les travaux de Franck Goldbronn (Paris), Jean Louis Bec (Montpellier) et Christina Zück (Berlin).
Plus de renseignements : www.negpos.asso.fr T : 09 54 13 22 72

Eléonore Antzenberger, pour Le Lac gelé, 3, Grand rue, 30000 Nîmes, 04 66 36 76 49
     
      Le lac gelé est le projet commun de deux artistes-photographes qui assurent la programmation du lieu; Jacques Lafont et Alejandro De Los Santos "
            Depuis, l’ouverture de ses portes en juin 2008, Le Lac Gelé multiplie les expositions en plein cœur de la ville. Exclusivement dédié à la photographie, Le Lac gelé doit d’abord sa singularité à son local « en voûtés » au rez-de-chaussée d’un bâtiment classé, du XVIIIème. Le lac gelé s’est posé dans cette ville, près de l’école des Beaux arts, pour des histoires personnelles mais aussi de lumière et peut être parce qu’il y souffle comme une espèce d’esprit frondeur.
La galerie s’est fixé comme objectif une dizaine d’expositions par an, entrecoupées de soirées évènement : Didier Cholododnicki, Sylvie Goussopoulos, Pierre Baumann et Emmanuel Madec s’y sont, entre autres, déjà succédés. Lieu de création,  la galerie Le Lac Gelé se veut également un lieu de rencontres photographiques et  artistiques. Dans un souci de diffusion de l'image et de soutien à la création, Le Lac Gelé dispose d'un espace de vente de tirages d'auteurs ainsi que d’une photothèque à la disposition des. Institutions, maisons d'édition ... Parallèlement, le site (http://www.lelacgele.org) crée des expositions en ligne de jeunes talents.
Le Lac Gelé se veut un lieu incarné par le désir de faire découvrir à un large public un panorama de la création photographique, sans limites, sans frontières. L'artiste qui trouvera sa place en ce lieu. est celui qui raconte des histoires, celui qui fige la beauté tant que la laideur, celui qui repousse sans cesse les lignes et qui, grâce à la cohérence reliant son univers au médium photographique, fait éprouver une vérité au public.
Actuellement Sinkai, photographe du nomadisme entre apparence et disparition, entre lumière et ruelles sombres, expose.

Eléonore Antzenberger (Professeur à l’université Vauban, Nîmes)
Le Lac Gelé/ lieu de phénomènes photographiques, Ouvert du mercredi au samedi de 15H à 19H
Contact : lieu@lelacgele.org

Elisabeth Krotoff, 4, Barbier, 4, Rue Maubet, 0434886286

L'association 4, Barbier, est un collectif d'artistes dont les ateliers sont situés  à Nîmes ou à proximité  et dont le "lieu commun" est la galerie / vitrine d'Art contemporain" située au 4 de la rue Maubet à Nîmes.
Le choix d’implantation dans cette ville n’est pas un hasard. D’abord au niveau de l’Art contemporain en Languedoc Roussillon, Nîmes occupe une place importante depuis plusieurs années. Ensuite la galerie bénéficie d’une situation privilégiée, au cœur de ville, dans une rue piétonnière et surtout à proximité du Carré d’Art. De plus, il s’agit d’un espace visible de l’extérieur et ouvert sur la rue grâce à une vitrine éclairée une partie de la nuit. Un espace qui souhaite tout autant sensibiliser un public de passage non averti qu’intéressé un public amateur d’art.
A la base de la motivation, deux éléments fondamentaux – ouverture au public le plus large, action et réflexion  sur les arts plastiques d'ici et d'ailleurs - qui se manifestent dans plusieurs secteurs : expositions dans la galerie, expositions « hors les murs », conférences/rencontres, performances, publications…
Comme méthodes de développement, les échanges en réseau et la recherche de nouveaux collectifs partenaires. En 2008, 4, Barbier a participé à la fondation d’un collectif de collectifs d’artistes européens, KANIBAL’HOPOX (Réseau Européen d’Espaces de Création) qui signifie :
KA    = Meno Parkas de KAunas (Lituanie),
NI     = 4, Barbier de NImes (France),
BA    = LaXina de BArcelone (Espagne),
L’HO= TPK de L’HOspitalet (Espagne),
PO    = Ideas Emergentes de POrto (Portugal),
X       = d’autres collectifs futurs.
La programmation de 2009 est la suivante : Expositions dans la galerie :    Hamid Maghraoui, Clarbous, Diego Tampanelli (Argentine), Lili Fantozzi (dans le cadre d’une « Carte Blanche » à l’ESCA), Lucia David (Portugal), Geneviève Sevin-Doering,           Carrément (exposition collective, 90 participants). Pour les expositions "hors les murs" : Trois artistes de 4, Barbier vont exposer à La Xina (Barcelone). En résonnance avec la Biennale de Lyon, une exposition KANIBAL’HOPOX aura lieu cet automne à Lyon,  à la MAPRA. Elisabeth Krotoff et Martine Saurel y participeront pour 4, Barbier. Conférences/rencontres : En 2008, dans le cadre de la Dégelée Rabelais organisée par le FRAC LR, 4, Barbier a organisé, durant deux jours, une rencontre de dix artistes avec l’ethnologue et mythologue Claude Gaignebet dont est issue, l’été dernier, l’exposition BAS DE BEC ET HAUT DE GUEULE à Mende. Performances : Participation de Max Horde, Elisabeth Krotoff et Martine Saurel, Camille Richard aux festivals de performances A.R.T.T. II, A.R.T.T. III et A.R.T.T. IV organisés par TPK (Barcelone-L’Hospitalet).Publications : À ce jour, quatre publications ont été éditées sur  Clarbous, Dominique Nicolas, Elisabeth Krotoff et Helga Stüber-Nicolas.

GERARD BLANC, Galerie de la Salamandre, 3, place de la Salamandre 30000 Nîmes, 04 66 76 23 90 / 09 63 57 10 21

 La galerie de la Salamandre est une structure ayant un support associatif.
Créée il y 25 ans par Jean-Claude Salmeron et Régis Vezon, cette ancienne chapelle aménagée en galerie offre un très bel espace rectangulaire de 120 m2 et d’une hauteur de plafond de plus de 6 mètres, avec une façade ornée de vitraux : une galerie atypique dont le volume et l’emplacement en plein cœur de ville en font un lieu digne d’intérêt pour les artistes et la présentation de leur travail.
L’association organise une douzaine d’événements dans l’année. Sa programmation, volontairement éclectique, privilégie les artistes vivant dans la région et y travaillant, auxquels n’a pas encore été donnée réellement une chance de rencontrer le grand public et que nous avons envie de sortir de l’ombre ; et  c’est aussi pour d’autres, l’occasion d’obtenir parfois une tardive reconnaissance. L’intérêt étant de créer, de fait, une certaine dynamique et une émulation entre les générations et les différents modes d’expression plastiques en variant le plus possible les propositions (Installations, peintures, photographies, vidéos, sculptures, performances, œuvres réalisées in situ, etc.). Le propos étant la qualité – même s’il s’agit de la chose la plus délicate à apprécier en matière artistique –  l’originalité de la démarche, l’esprit dans lequel se construit une œuvre, son apport à l’expression artistique contemporaine, ou encore ses capacités de résistance aux modes fugitives.

La galerie entend poursuivre une démarche citoyenne, à savoir présenter les œuvres du plus grand nombre d’artistes possible à un public élargi.
Un autre aspect essentiel de la Salamandre est que l’artiste invité puisse avoir la pleine liberté de s’approprier l’espace et l’architecture particuliers du lieu qui constituent souvent une sorte de défi très stimulant pour celui-ci. Nos relations avec les artistes sont donc basées sur la confiance et c’est pourquoi nous faisons le choix d’être le moins directif possible en gommant au maximum les contraintes liées par exemple à l’accrochage et à la scénographie des expositions ; notre démarche étant principalement de faire bénéficier l’artiste de notre organisation et de notre soutien.

Il n’y a pas d’intérêt commercial pour l’association. Notre budget est assuré par les  collectivités locales (Conseil Général, Conseil Régional, Mairie de Nîmes).
Grâce à ce soutien, de jeunes artistes – à titre d’exemples Hamid  Maghraoui, Rodolphe Huguet… –  ont pu  réaliser et montrer à la galerie des œuvres importantes.
Elle est aussi  partenaire et ouvre ses portes à d’autres associations culturelles : Le Manif  pour la Biennale Européenne d’Art Contemporain, NeGpos pour le Festival de Photographie « Regards sur la ville », les Graveurs du Sud  pour la Biennale de l’Estampe, entre autres.
Ouvert du Lundi au Samedi de 15H à 19H. galeriesalamandre@wanadoo.fr

 

L’opinion de Chritian Skimao, critique d’art, sur Nîmes et les arts plastiques…

In memoriam Sydney Houillier

                                            La ville peinte des pierres feintes

   Pour moi, l’oeuvre de Claude Viallat a toujours flotté sur la cité nîmoise, semblable à un étendard post-matissien. Et ce n’est pas sans une pointe d’envie, dois-je le confesser, que je pénètre dans son atelier, voir la luxuriance de ses peintures. Premier article écrit sur lui dans Strapontin, en 1984, pour une exposition se tenant à la galerie La Salamandre. Nîmes, c’était l’autre ville, par rapport à Montpellier, dans une étrange cohabitation nécessitant des déplacements tant mentaux que physiques. Une sensation proche de l’obligation à s’y rendre pour l’amateur d’art contemporain, en raison du grand projet d’ouverture d’un musée confié à Robert Calle, père de Sophie, grand collectionneur. Période de préfiguration extrêmement riche se tenant au Musée des Beaux arts, rue Cité Foulc. Et de nombreux articles rédigés par mes soins dans Kanal, la revue nationale que dirigeait Michel Giroud et aussi dans Artension. Des expositions de prestige (comme celle de Picabia par exemple durant l’été 1986) ont préparé l’envol du paquebot – l’image s’avère amusante –  dans son lieu définitif en 1993. En face de la Maison Carrée. Rivalité ? Modernes contre Anciens ? Un lieu institutionnel donnant à voir ce qui ne se voyait pas ailleurs dans la région, une possibilité d’ouverture donnée à tous ceux qui ne pouvaient se déplacer à Paris.

  Je compléterai ces activités avec celles de la galerie des Arènes qui fonctionnait à la même époque de façon très expérimentale (apparition de Jean-Marc Andrieu, Jean-Claude Gagnieux, Jean Laube, etc.) et la présence d’une école d’art avec des enseignants qui participaient activement à son rayonnement. Soirées arrosées, vernissages festifs, que dire de cette ambiance ludique qui structurait l’antique cité. Je pense à Tjeerd Alkema, Alain Clément, Michel Duport, Yves Reynier, entre autres, dont le travail m’avait fortement interpellé. La création de l’incontournable galerie Marthe Carreton au même moment complétait un dispositif global dédié à l’art en train de se faire. Sociologiquement parlant, un panorama rare pour une ville de moyenne importance.

  En 1989, pour le Bicentenaire de la Révolution, j’ai participé comme critique à une aventure nous conduisant à Athènes grâce au Conseil Général du Gard, à l’initiative de Gérard Saurin, avec six artistes de Nîmes, dont lui-même, accompagné de Calandre, Escudé-Arnéguy, Moschini, Truel et Reynier. Par la suite, durant les années 90, je me suis fortement investi auprès de l’Artothèque Sud où j’ai rédigé les textes des Cahiers de l’Artothèque, un bulletin de liaison pour les adhérents et les amateurs. J’y ai découvert Sylvère, dont la notoriété ne cesse de grandir depuis, approché les travaux de Sydney Houillier (1965-2001), suivi ceux de Jean-Marc Scanreigh, approfondi l’approche de Marcel Robelin. Sans oublier l’exposition de prestige en 1997, nommée Dix millionième de seconde de Patrice Pouperon avec la collaboration de Michel Butor. A la fin 2000, après un excellent travail, Guy Tosatto, premier conservateur en titre du Musée, quittait Nîmes pour Nantes (aujourd’hui au Musée de Grenoble) et me proposait d’intervenir à sa place dans un colloque intitulé « Nîmes et le Gard  Fins de siècle, 1500-2000» où je brossais, dans une communication se tenant dans l’auditorium de Carré d’art, un portrait des artistes contemporains, nés dans le Gard où y travaillant. Jacques Clauzel et son exigeante recherche plastique y trouvait sa place, ainsi que Martine Lafon, tous deux créateurs d’œuvres croisées. Et bien sûr les expositions de grande qualité autour des livres d’artiste, organisées par Benoît Lecoq à Carré d’art-Bibliothèque. Un début fracassant avec Soleil Noir en 1993, Les écritures croisées d’Anne Slacik en 2000 et Le livre et l’intime de Patrice Pouperon en 2004.

  Le reste appartient à l’histoire en train de se faire. Philippe Pannetier comme agitateur de concepts. Roger Bouvet en tant qu’explorateur. « La Vigie » qui veille et « 4, Barbier » qui joue collectif. Le Musée d’art contemporain continue avec Françoise Cohen tandis que la Bibliothèque prend ses marques avec Michel Etienne. Autres responsables, autres styles. On parle du Carré d’art outre-Atlantique, aux USA et au Canada. Le sait-on vraiment dans la cité ? Depuis cinq ans que j’habite ses faubourgs, le mystère qui entoure Nîmes n’a finalement fait que s’épaissir.