20 août 2012                                                             

Je ne t’ai pas connu mais j’ai connu Rivières
Ses hôtes de peinture Ses hôtes de papier
Les hôtes de ses bois
Hérissons et piverts Blaireaux ou grands-ducs
Et ces colombes en vol sur les murs et vantaux
Cette exquise impression d’être ton invité
Sous l’aile protectrice de la sacrée famille
Des Poètes
Que tu as lus et que tu as aimés
Que tu as maintes fois sollicités

Des poètes
Ceux qui abritent un ruisseau
Au creux de leur âme blessée
Et qui s’épanche en larmes bleues
Sur la page consentante
Qui prend sa source aux tréfonds
D’une intime déchirure
Qui fraie son lit dans le secret de nos mots
Et s’écoule en l’aval du poème
Au gré des vagues d’encre de la foi

L’un de ces ruisseaux aventureux
Qui dégringolent en silence
Et dont on fait les saines rivières
J’évoque ici ceux que l’on nomme
Des Poètes
Voués à se rejoindre toujours
Au-delà de l’espace et du temps
Pour que ruisseaux et rivières
Atteignent de concert
L’immense poème de la mer

Je ne t’ai pas connu Tu ne m’as pas connu
Mais je connais ton amour pour Rivières
Et le temps d’où nous parlons
N’aura jamais nulle importance
Nous étions faits pour nous trouver
Quitte à briser la solitude
Des poètes
C’est à cette condition que toi comme moi
Baignons main dans la main
Dans la poésie des rivières

 

(Poème écrit en réponse à un poème de PAB intitulé Avril 1974, à paraître Eds Rivières avec des illustrations de Guillaume Moschini).