Le NOBEL, NOS AUTEURS ET LEURS AUTEURS
En cette période de fêtes on peut aussi offrir des livres et pas seulement de ceux que l’on appelle « des beaux livres » dont on ne regarde que les images, le jour où on le reçoit. D’autant que l’attribution du Nobel de littérature à JMG Le Clézio, s’il crée la polémique, rappelle que nous sommes quand même l’un des pays les plus honorés par cette vénérable institution, ce qui doit tout de même bien signifier quelque chose… Aussi avons-nous invité quatre écrivains vivant dans notre région et qui viennent de publier des romans : Régine Detambel, qui fait beaucoup parler d’elle avec ses « Noces de Chêne » (Gallimard), hommage à la vieillesse déjà évoquée dans le Syndrome de Diogène (Actes Sud), Sergueï Dounovetz, le plus brillant des romanciers que l’on dit polars, à la gouaille inimitable, pour « Un ange sans elle » (Ed Moisson rouge). Joëlle Wintrebert qui s’est surtout rendue célèbre par ses romans de S.F, ou par ses livres pour la jeunesse, mais qui excelle un peu dans tous les genres, comme le prouve « La chambre de sable » dont l’intrigue se déroule à Montpellier (Editions Glyphe). Quant à Françoise Renaud, qui nous vient de Bretagne et qui admire autant le style de Chateaubriand que les grandes compositions romanesques genre Claude Simon, si son dernier livre « Le voyageur au-dessus de la mer de nuages » est paru chez un petit éditeur, GabriAndre, il n’en a pas moins obtenu le Prix du Manuscrit Régional Vallée Livre Cévennes 2008.

Nous leur avons posé à chacun 3 questions : 1) Que pensez-vous de l’attribution du Nobel à Le Clézio 2) Donnez-nous une bonne raison d’offrir votre dernier livre pour Noël  (plutôt que le dernier prix Nobel, par exemple) 3) Si vous avez un livre à offrir pour les fêtes, duquel s’agirait-il ou lequel recommanderiez-vous ? BTN

Françoise Renaud :
Q : 1 : Une nouvelle qui me procure un intime bonheur. Cet écrivain a planté en moi depuis longtemps une sorte de germe, d’abord à cause de sa voix — profonde, désespérée —, ensuite à cause de son écriture pareille à sa voix. Une vibration. Je ne retiens qu’un seul mot de son allocution pour le Nobel : « fragile ». Les écrivains sont fragiles et le monde ne le voit pas. Je retrouve ce même adjectif dans sa préface à La Fièvre — recueil de neuf histoires de petite folie — datée du 23 octobre 1964 dans laquelle il affirme qu’il aurait « préféré ne jamais être né ». Un peu plus loin, conclut qu’il aimerait bien avoir « un ou deux siècles de plus pour savoir ».
Jean-Marie Le Clézio est un artiste. Sa matière, il la puise avec ses sens dans le réel, dans son expérience d’homme.
Et son écriture gratte fouille s’agrippe jusqu’à atteindre l’expression pure, avec elle une brève extase. Claude Simon (Prix Nobel 1985) nous avait déjà poussés dans ces mêmes interstices sur un mode plus foisonnant, labyrinthique. Que reste-t-il d’autre que l’écriture ?…
Q 2) Il n’y en a aucune. Je pourrais seulement chercher à persuader que le chemin que j’emprunte depuis trente ans arpente un flanc de la même montagne et s’oriente vers le même sommet. Je pourrais clamer à mon tour les derniers flamboiements sur l’horizon et la froideur de la terre une fois le jour fini, décrire le souffle de la mer, le froissement des pas dans le désert. Je pourrais aussi lire une page où vit mon personnage, le Voyageur, alors qu’il accède au-dessus de la mer de nuages et voit ce qui compose le monde. Et en même temps sa chair (Ce roman raconte le parcours d’un géologue entre Armorique, Himalaya et montagnes cévenoles, entre incapacité à dire et délivrance suscitée par quelques vraies rencontres et par la peinture de Caspar David Friedrich).
Je ferais de mon mieux, avec le feu qui m’habite, prenant garde à ce que rien jamais ne soit enlevé à cet homme au regard brûlant. Exister dans sa lumière, c’est déjà bien.
Après ça, les gens —  que je souhaiterais moins dépendants de la célébrité et du petit écran — feront bien ce qu’ils voudront.
Q 3) Pas besoin de réfléchir. Je soutiendrais La route, dernier roman de Cormac McCarthy. Un terrible parcours après que le monde a flambé. Et toujours cette façon si personnelle de nous embarquer dans l’intime, au plus rude. Cette fois, rien qu’un homme et son petit qui marchent vers la mer, ultimes forces et ultimes espérances en bagage. Un auteur hors normes, un texte fascinant.

Régine Detambel :
Q 1 : Il y a quelques années, Le Clézio m’a accordé un entretien. Nous avons parlé de sa solitude préservée, de son silence médiatique, de sa discrétion. Il m’a dit : « Pas d’explication, je n’ai pas à me forcer ! Mais à chacun son karma. » Le Nobel fait incontestablement partie du karma de Jean-Marie Le Clézio, comme la beauté, comme le Renaudot à vingt-trois ans…
Je suis ravie pour mon éditeur, Gallimard, qui devrait ainsi assurer sa trésorerie pour les cinq années à venir ! C’est un doux rêve sans doute car j’entends encore Christian Bourgois, dans les années 90’, quand Nadine Gordimer, dont il publiait les traductions, a prononcé son discours de Stockholm. Bourgois m’a confié : « On a vendu 700 exemplaires ! » Au fond, peut-être que Le Clézio, grand débiteur de volumes, s’est porté au secours du Nobel, comme on avait dit, à l’époque du Goncourt de Marguerite Duras, que les ventes de l’Amant allaient redorer le blason des jurés du Drouant… 
Q 2 : Mon dernier roman, Noces de chêne, est paru chez Gallimard, en octobre 2008. J’y raconte l’histoire de Taine, résident octogénaire de la maison de retraite où vit également Maria. Alarmé par la disparition de Maria, son vieil amant anxieux décide de se sauver pour partir à sa recherche. Il croit savoir où elle se trouve : quelque part dans sa maison du Ventoux, dans sa maison de toujours, sur la montagne. Commence alors un véritable road-movie puis une ascension, dans ce cadre naturel propice à l’inspiration et à la connaissance de soi, déjà fêté pour ses vertus par Pétrarque et Jean-Henri Fabre.
Je n’écris jamais pour une cause. Pourtant Noces de chêne s’est révélé peu à peu un élément perturbateur dans notre société âgiste. On sait quelle importance négative ont nos représentations de la vieillesse, sorte de culture gelée, acquise au fil des préjugés, des discours mauvais et des phrases de la grande histoire. Nous connaissons tous « La vieillesse est un naufrage » de Charles de Gaulle, qui visait Pétain, et qui est d’ailleurs de Chateaubriand. Au premier abord, nous avons tous des personnes âgées une vision faussée, mais fidèlement retransmise. Il va falloir utiliser les faiblesses de la norme jeuniste, introduire dans nos comportements et nos discours des éléments subversifs, ambigus, destinés à modifier progressivement les représentations sociales associées au corps-sujet sénescent, afin que plus personne ne vieillisse en Barbarie…
Q 3 : Harold et Maude, de Colin Higgins, bien entendu ! L’avantage, c’est qu’on peut se l’offrir en DVD également, puisque le film, sorti aux USA en 1971, a précédé le livre. Les spectateurs se réfèrent en général toujours au roman quand ils sortent du cinéma : ou c’est moins bien que dans le livre, ou c’est mieux. Pour Harold et Maude, le scénario a été simplement romancé et même transformé en pièce de théâtre. Harold a dix-neuf ans et une imagination délirante. Ses passe-temps favoris : rouler en corbillard et mettre en scène de faux suicides. Maude conduit sans permis, vole des voitures, cascade à moto, pose nue pour un sculpteur qui travaille sur un bloc de glace. Elle va apprendre la vie à Harold, ce que sont la joie, le bonheur, l'amour. Maude est pour Harold la femme idéale, sauf que cette anticonformiste militante va fêter ses quatre-vingts ans.
De leur improbable rencontre est né ce « film culte », sorti en 1971 et qui a défrayé la chronique dans le monde entier. Il a subi différentes restrictions (de l'interdiction aux moins de 12 ans à l'interdiction aux moins de 18 ans selon les pays). Cat Stevens s’est chargé de la bande originale et la plupart des chansons du film sont dans l’album Tea for the Tillerman.

 
Sergueï Dounovetz :
 Q 1 : D’abord, je trouve très bien qu’un auteur Français reçoive la plus haute distinction littéraire. Depuis trop longtemps le monde des lettres représentant l’hexagone est à la ramasse aux yeux du monde. Le style et la personnalité de Le Clézio sont intéressants, c’est un homme sobre et discret, qui vit loin du boxon médiatique. Je pense qu’au regard de son œuvre, il ne mérite pas moins cette distinction que d’autres prétendants persuadés y prétendre. J’imagine, au risque de me tromper, qu’il n’y a pas pensé une seconde à cette récompense, d’où cet étonnement général. C’est vrai que le genre littéraire dans lequel il évolue est à des années lumières du mien, mais à l’arrivée ce n’est pas le plus mauvais cheval qui a passé la ligne. À l’époque, j’avais aimé « Désert ». C’est très bien que Le Clézio est décroché le Nobel, c’est mérité, cela aurait été mieux encore que ce soit Harry Crews, l’auteur des merveilleux romans « Des mules et des hommes », « La foire aux serpents », sans oublier son chef d’œuvre : « la malédiction du gitan ». Mais il ne faut pas trop en demander, le jour où un auteur de roman noir aura le Nobel, les poules auront des dents.
Q 2 : La meilleure raison d’offrir mon dernier bouquin pour Noël, c’est qu’en le lisant vous aurez, j’espère, la banane. Dans cette période de pluie, de récession et de crise, où l’humour devient un luxe, je vous offre l’histoire d’un tueur à gage engagé par l’ange Gabriel pour flinguer le diable. Mais en chemin, notre ange de la mort trouve le moyen de tomber amoureux de la fille de ce dernier (le diable), ce qui complique (mettez-vous à sa place) un temps soit peu son programme. Mais que cela ne vous empêche en rien d’offrir en plus un Le Clézio « édition de poche » en amuse gueule, je ne suis pas sectaire.
Q 3 : Je recommande les yeux fermés : « Un ange sans elle » aux éditions Moisson rouge, un grand roman d’amour, baroque, poétique, charnel, pas consensuel pour un rond, pas politiquement et amoureusement correct, un roman noir comme on les aime, efficace, rapide, stylé, avec un zeste de suspense, des héros qui ont de la chair, une histoire bien ficelée, saignante, comme le rosbif du dimanche, qui sait se tenir à table, du Serguei Dounovetz, quoi !   

Joëlle Wintrebert :
1) Il est toujours immensément agréable de voir attribuer des prix aux écrivains que l’on aime, soit qu’ils soient des familiers, soit que l’on apprécie leurs écrits. Et le Clézio est un écrivain que j’aime, autant pour sa personnalité secrète que pour son œuvre. Le Nobel est un prix d’ouverture qui récompense, outre la qualité littéraire d’un auteur, son engagement. Il me paraît important que le jury déclare saluer un « écrivain de la rupture », pas seulement celui de « l’extase sensuelle ». Un homme qui a su décrire avec empathie l’humanité dans sa diversité, qui nous a donné à connaître des cultures mésestimées…
J’avais déjà été très heureuse, l’an dernier, de voir couronner Doris Lessing, une femme et un écrivain de science-fiction. Cela démontrait une volonté d’ouverture vers ces « genres » de la littérature si décriés par ceux qui ne les connaissent pas. On observe d’ailleurs le même phénomène avec nos prix parisiens, comme le Renaudot décerné à Pennac, l’an dernier, ou le Femina qui vient d’être attribué à Jean-Louis Fournier pour Où on va, Papa ?
2) Il ne me viendrait pas à l'idée de comparer mes livres à ceux d'un autre écrivain en assurant qu'il vaut mieux acheter les miens ! Aux lecteurs de Le Clézio, je pourrais avancer qu’on a dit de mon écriture, comme de la sienne, qu’elle était sensuelle et poétique, ou encore que, comme lui, je me suis toujours intéressée à l’Autre. À cette seule différence : chez moi, l’Autre est souvent une femme ou une adolescente.
Pour ceux qui résistent aux explorations romanesques quand elles nous projettent dans le futur ou le passé je préciserais ceci : contrairement à la plupart de mes livres, La Chambre de sable est un roman « hors genre », résolument ancré dans le présent (même si je n’ai pu m’empêcher de lui ajouter un soupçon d’étrangeté)… Il met en scène une adolescente de onze ans, entière, exigeante, sensible et solitaire. Marie a trois terrains de jeu : les mots, qu’elle collectionne et détourne, dont elle fait chatoyer les couleurs et tonner les sons, le cimetière tout proche dont elle apparie les tombes avec des morts à qui elle invente une vie, et sa chambre, le refuge où ses rêves s’incarnent. Sa meilleure amie est une adulte flamboyante dont la peinture la fascine. L’arrivée d’un mystérieux voisin, photographe, et qui la prend pour modèle, va perturber cette amitié. Le roman raconte l’été de Marie, été de tous les dangers, où elle découvre les petits arrangements et les lâchetés des adultes, et où le monde autour d’elle s’effrite.
3) Je peux tricher ? J’en proposerais deux ! Tout d’abord Sœurs de peau, de Sylvie Crossman, paru chez Albin Michel, un roman de révolte sur les aborigènes d’Australie et le choc des cultures, d’une âpreté, d’une puissance que je rencontre rarement sous la plume des filles. On n’y trouve pas seulement la connaissance acquise Crossman quand elle était correspondante du journal Le Monde en Australie et se passionnait pour la culture aborigène au point de réaliser à son retour en France plusieurs expositions pour en faire connaître les œuvres picturales, on y découvre aussi une voix nouvelle et magnifique, tour à tour rugueuse et sensuelle, poétique et brutale. Lisez ce roman, vous n’oublierez pas de sitôt Ruby la sniffeuse, Kunmanara l’halluciné, la matrone Emily.
Ensuite, je vous inviterais à découvrir un ouvrage fort différent : Confitures sauvages & du jardin de Chantal Vergélys, illustré par Artémise, un livre 21x30 relié en cousu japonais et imprimé en quadrichromie, petite merveille d’équilibre et de beauté à s’offrir ou à offrir pour seulement 12 euros. L’originalité de cette publication lOurs éditions, c’est sa coproduction avec la-cOOp.org, un collectif qui mène une réflexion sur des systèmes d’autonomie politique, intellectuelle et vivrière. Un petit tour sur leur site vous en apprendra plus sur leurs projets, en matière de création notamment.

                                                               DU COTE DES LIVRES D’ARTISTES
Pour les petits et moyens budgets, le recours au livre d’artiste séduira les bibliophiles certes, mais aussi les amateurs de multiples. Les éditions Méridianes, dirigées par Pierre Manuel, ont l’avantage de posséder un lieu d’exposition (14, rue de l’olivier) où sont montrées en permanence les diverses publications qui auront vu le jour durant ces cinq années d’existence. De Georges Autard, alors présenté dans les anciens locaux de la galerie AL/Ma, à Dominique Gauthier, dont on pourra admirer les travaux digigraphiques accompagnant ses notes d’atelier, qui seront visibles quand paraîtront ces lignes, au moins jusqu’au 24 décembre. En parallèle avec son expo aux Filles du calvaire à Paris, après Mons et Perpignan.
Au départ, grâce au concours de Jean Villevieille d’une part, de la galerie Al/ma de l’autre (expositions Maëlle Labussière ou Didier Demozay), Pierre Manuel a conçu ses grands formats (32x24) comme un dispositif sérigraphique enrichi d’un texte didactique (entretien ou critique) et d’un texte littéraire ou poétique. Son propos est en effet d’articuler les arts plastiques, la théorie critique et l’approche littéraire et d’incarner en quelque sorte cette trilogie non seulement dans un livre mais également dans un lieu qui les rend visibles et commercialisables. L’immense poète qu’est James Sacré a bien voulu par exemple prêter sa plume au perpignanais Serge Fauchier. Mais très vite Pierre Manuel a choisi les artistes en fonction de ses inclinations personnelles en même temps qu’il se détachait de la sérigraphie, que certains artistes au demeurant ne se privaient pas de rehausser (Patrice Pantin). Claude Viallat, Alain Clément, qu’on ne présente plus, et bientôt Augustin Pineau (avec un texte de Richard Khaitzine) se seront vus ainsi confier l’élaboration d’un volume, reproduit ensuite à une centaine d’exemplaires, parmi lesquels des exemplaires de tête, un peu plus chers forcément mais contenant des œuvres uniques. On peut même trouver un grand format composé d’originaux seulement, tité à quelque 20 exemplaires,  tel celui de notre poète régionale, Régine Foloppe-Ganne illustré par Pascal Ravel.
Les prix ne sont pas excessifs : ils vont de 90 euros à 1200, 350 pour les exemplaires de tête.
Pierre Manuel a également lancé une nouvelle collection Liber où l’artiste choisit son format et ne fournit que des originaux. Ainsi le poète Sam Cambio s’est-il vu illustrer par Nathalie Leroy-Fiévée. On remarquera au passage la place prépondérante laissée à nos artistes régionaux ou des régions limitrophes (Autard, illustré par le romancier Frédéric Valabrègue, est de Marseille).
Enfin, la collection Cadran a publié les entretiens d’Alma, dont on peut voir l’exposition au rez-de-
chaussée (Arnaud Vasseux quand paraîtront ces lignes). Un parcours inédit est prévu courant 2009, que rédigera notre indispensable René Pons. Ce dernier a été invité au 14, rue de l’olivier pour lire ses poèmes et montrer les livres qu’il a réalisés justement avec la collaboration d’artistes. Pierre manuel a en effet pris l’habitude d’inviter non seulement des artistes (J.Capdeville) ou des poètes (bientôt, en janvier, le plus ami de mes concurrents critiques, Skimao, ses livres avec Sylvère en particulier) mais également d’autres éditeurs. Ainsi des Editions Analogues, qui nous viennent d’Arles et pratiquent l’offset avec des artistes comme Judith Bartolani, Jean-Charles Blais, Raymond Hains…
Cette période de fête est le moment rêvé pour rendre une petite visite à ce lieu comme on en voit peu : voué au livre d’artiste, une galerie petit format au fond, à emporter comme un portable pour épater les amis, et se payer un drame d’Art façon Yasmina Reza. BTN
Jusqu’au 24 décembre, Arnaud Vasseux expose à AL/Ma 14, rue Aristide Olivier, tandis que Catherine Gfeller y présentera ses vidéos dans le cadre du off, de l’expo vidéo du Musée Fabre 0951302701