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Liens vers Cinéma acteurs et films ou chanson étrangère

Ce classement tient compte de mes goûts au fil du temps tels que je me les remémore. Il se peut que des titres qui m'ont emballé jadis m'agacent aujourd'hui mais il ne faut pas renier ce que l'on a été.

Sur cette page, pour ceux qui auraient envie de mieux me connaître, je compte évoquer mes goûts en matière littéraire, en arts plastiques mais aussi en matière de cinéma, de chanson, de musique et plein d'autres choses à déterminer. (En cours de construction)

Commençons par la chanson française puisque les top 50 sont dans l'air du temps. Quels sont les 50 interprètes et chansons françaises qui auront le plus marqué les divers moments de mon existence ? Certains noms peuvent étonner mais je n'ai pas toujours eu mon âge actuel. D'autres ont cruellement absents alors que je les ai peut-être aimés dans les années 60... Mais ils n'ont pas confirmé ou ont bifurqué vers des voies où je ne pouvais les suivre. Quant aux nouveaux, je préfère attendre, je préfère entendre. On a bien le temps..

1) La mémoire et la mer, de Léo Ferré : je l'ai découverte alors que j'étais lycéen, je l'ai souvent chantée lors de soirées arrosées quand j'étais étudiant, et je ne m'en suis jamais lassé; si je me suis lancé dans l'écriture, tendance chanson à texte, au départ, c'est sans doute pour essayer de faire aussi bien que ce chef d'œuvre de lyrisme à la fois intime, ésotérique et universel qu'est la chanson de la mémoire et d ela mer. Depuis trente ans, "la marée je l'ai dans le cœur qui me remonte comme un cygne"... Et je ne suis pas le seul puisque Bernard Lavilliers, Michel Jonacz et mon ami André Fernandez la reprennent régulièrement sur scène, ou s'apprêtent à le faire. Autres chansons du grand Léo qui me touchent particulièrement : Tu ne dis jamais rien (texte un peu hermétique mais c'est justement ce qui fait que l'on aime ou que l'on n'aime pas Ferré. Il ne se laisse pas apprivoiser tout de go.); Je t'aimais bien tu sais (me rappelle une tranche de vie) ; Les amants tristes, Les temps difficiles (trois versions, toutes aussi railleuses les unes que les autres sur les travers de nos temps qui coulent), Richard (à pleurer de nostalgie), Les étrangers, Poètes vos papiers (c'est le Ferré-Rabelais, capable d'accumuler les images avec une maestria qui n'appartient qu'à lui). Ils ont voté (Pour lui, De Gaulle n'était décidément pas le Français n°1 de tous les temps), Y'en a marre (même remarque), A mon enterrement, Écoute-moi et surtout A toi qui m'impressionne par l'inventivité verbale et la virtuosité mélodique. Ajoutons-y ses interprétations des poèmes de Baudelaire (Spleen, Le vin de l'assassin, Abel et Caïn), de Rimbaud (Les assis, Les poètes de sept ans), Apollinaire (La chanson du mal aimé, Marie) Verlaine (O triste, triste, Ame t'en souvient-il), Caussimon (Comme à Ostende, Le temps du tango, Ne chantez pas la mort), Aragon (Il n'aurait fallu, Les étrangères, que Montand aussi interprète si bien) et son universel Pauvre Rutebeuf... Parmi ses premières chansons : Vitrines ou L'esprit de famille. Plus tard : La langue française, On n'est pas des saints, Sur la scène (la tête de mon père qui m'avait offert le disque "Amour anarchie", pour mon bac, quand il est entré dans ma chambre alors que Ferré vociférait "Sur la scène y'a Danton le cœur sur la détente/Tout prêt de refoutre la merde/avant qu'on referme sa gueule !"). Je crois que je peux encore aujourd'hui réciter presque par cœur Le Chien, Et basta ou Il n'y a plus rien, que je n'ai pas réécoutées depuis des années. On me demande souvent, dans des soirées entre amis, d'interpréter C'est extra, que j'aime moins que La the nana, laquelle me rappelle une amie très chère.Pour son fils Mathieu, la graine d'ananar avait composé jadis L'espoir, ainsi qu'avec sa femme, Marie (Apollinaire). Je me suis un peu éloigné de lui vers la fin des années 70 (Les artistes, Les vieux copains, muss es sein, Je te donne, La frime, Ludwig, Les loubards, Allende....) mais les inédits interprétés par Les faux bijoux et Gilles Droulez sont tout à fait remarquables. Je n'exclus pas les titres-phares comme Jolie Môme, Paris-Canaille ou La solitude mais ils n'ont pas besoin de coup de pouce. En revanche le matraquage d'Avec le temps finit par me taper sur le système comme tout ce qui est excessif, surtout interprété par Dalida. Catherine Sauvage l'interprète également très bien (La maffia, Le guinche, La grande vie, Les bonnes manières, Mister Georgina...) et le Jolie môme de Gréco confine au sublime.

2) Montparis, de Claude Nougaro : je la préfère à Toulouse, parce que, pour un provincial, Paris c'est la "Jérusalem de l'intelligence", "le beffroi du capital" et la mère nourricière des poètes, ceux "qui baisent avec les nues". Une leçon d'élocution, d'associations d'idées et d'acrobaties verbales. Sur le même disque d'autres chansons fabuleuses : Locomotive d'or ( avec un rythme africain irrésistible), Dansez sur moi (un texte éblouissant sur sa relation au public, qu'interprète si bien mon ami Franck Bourrier), Rue St Denis, le meilleur Nougaro assurément. Autres chansons du célèbre toulousain : Paris-mai (le seul texte vraiment réussi sur Mai 68); Ami chemin, Soeur âme (Question jeu de mots il est meilleur que Lapointe), Brésilien, Mater, Cadencé, L'amour sorcier, Autour de minuit (un classique du jazz), Un été, Western (particulièremet cocasse), Maîtresse (c'est un chien qui parle), Sensuel, Les mains d'une femme dans la farine, Rimes, La neige, Les petits bruns et les grands blonds, Martia Martienne qu'interprète si bien mon ami Franck Bourrier, lors de ses fabuleux spectacles avec Philippe Kermarc à la contrebasse... J'aurais pu le rencontrer parce qu'une vieille amie de la famille, qui me gardait lorsque j'étais tout jeune, était la soeur de la compagne du poète Jacques Audiberti (Chanson pour le maçon) et que Nougaro, quand il passait à Montpellier, ne manquait jamais de lui envoyer un petit mot de sympathie et une invitation à venir le voir. Je trouve également très beau son long poème intitulé Plume d'ange et qui passe très bien avec les élèves. Je suis moins intéressé par les disques qui ont suivi Nougayork même si je reconnais qu'ils contiennent quelques perles comme J'ai perdu le Mont-Blanc dans la neige, Vive l'alexandrin, L'enfant-phare ou Vie-violence... De même je n'étais pas trop sensible à Cécile ma fille ou Une petite fille, à ses débuts, sur-matraquées sur les ondes. C'est plus tard que j'ai réalisé l'intérêt d'A bout de souffle, Le rouge et le noir, La marche arrière... Je ne cite pas - ô la belle prétérition - certains tubes comme Tu verras, les Dom Juan, Le coq et la pendule, Pauvre Nougaro ou Bidonville mais le cœur y est. Curieusement il a été peu repris sauf Le jazz et la java par Marcel Amont ou Je suis saoul et Il y avait une ville par Philippe Clay. Mais ça vient...

3) Manuel, de Salvatore Adamo : On est très injuste avec cet auteur compositeur interprète à la fois trop connu, célèbre dans le monde entier (une fois n'est pas coutume) et hyper méconnu, qui a enchanté mon enfance, m'a appris énormément sur tous les plans (à commencer par le vocabulaire). Il excelle dans tous les registres (cf. mon CD idéal de lui) contrairement à d'autres qui se cantonnent à un seul ; qu'il s'agisse de ses textes engagés (Manuel contre la franquisme; Tout le long du Mékong pour son évocation des enfants soldats; De l'autre côté du pont sur la guerre fratricide entre les peuples de l'ex Yougoslavie; Les collines de Rabiah sur les malheurs du Liban, Le Pendu, contre le racisme, Les gratte-ciel sur le gigantisme américain, Que voulez-vous que je vous chante ? où il répond à ses détracteurs...); qu'il s'agisse encore de ses chansons pleines d'humour et d'ironie comme Ils s'aimaient, inspirée par une nouvelle d'O'Henry, Chanson en rondelles très bien construite, que j'ai toujours interprétée à la guitare lors de soirées entre amis, Si tu retournes chez ta mère - car il sait aussi chanter le rock- , Histoire de clous (la fantaisie à l'état pur, je viens de l'enregistrer avec pour ma fille aînée qui en raffole et du coup m'en redemande), Pomme et Cie (dans l'enseignement on appelle ça une progression à thème linéaire) , Complainte des élus... ou qu'il s'agisse de nostalgie (Les heures bleues, le chien, le cheval de bois), parfois de désespoir (J'ai raté le coche) ou de désenchantement (La malice) parfois d'hermétisme (Le taureau et l'enfant) sans négliger pour autant ses chansons d'amour qui se rapprochent souvent de Brel (Mourir dans tes bras, l'une des plus belles chansons jamais écrites) ou de Reggiani (qui a d'ailleurs interprété Théorème ) : Si tu étais (je m'en suis servi naguère pour faire étudier le conditionnel à mes élèves et pour faire des petits exercices poétiques), Ne t'en va pas (mon coup de coeur dans son album "Zanzibar"), Mariage (il peut être très féroce l'air de rien !), Caresse, Et t'oublier, Si le ciel est amoureux de toi. En fait Adamo est devenu depuis une quinzaine d'années mon chanteur préféré même si je reconnais que les deux interprètes sus-cités le surpassent quelquefois sur le plan des paroles. Mais outre que c'est un incroyable mélodiste, et qu'il vaut largement Aznavour ou Salvador sur le plan de la qualité des textes et des prestations scéniques, il est intimement lié à mon enfance et bien des chansons sont associées à des souvenirs plaisants (Petit camarade, les filles du bord de mer, Le grand jeu...) ou à des êtres disparus (La nuit). Je ne me suis jamais lassé de fredonner Mon cinéma (mes filles aussi, ce qui m'a fait bien plaisir), Gagner du temps, F. comme femme, Ma tête,(qui sonne comme du Brassens, ma fille aînée m'a fait la surprise de me l'interpréter lors de mon anniversaire), les tubes du style Viens ma brune (laquelle a fini par venir...), Alors reviens moi, Elle inspiré de René Char, Elle était belle pourtant... ou dans Zanzibar des titres comme Toi et moi jour après jour, interprété avec la femme d'Arno, Et le temps s'arrêtait, O monde, Tant d'amour qui se perd en duo avec Maurane... Il faut également écouter ce chef œuvre de fantaisie surréaliste qu'est Le monde à l'envers, ou même La colombe (Olympia 78), qui prouve à quel point il était en avance sur son temps, de même que la vieille, l'idole et les enfants où il se moque de lui-même et de sa complaisance envers les médias (satire aussi des "amours de journaux"). J'ai eu la chance de le rencontrer une fois à la fin d'un concert mais je n'ai pas eu la patience d'attendre, lors de sa dernière prestation au zénith de Montpellier ou plus récemment à Aix en Provence, et j'en suis désolé : j'aurais pu lui offrir mon dernier livre (je lui avais remis les deux romans précédents). En fait je n'en finirais pas d'énumérer les titres méconnus, y compris ceux que je viens de découvrir (La chance de t'aimer, Il pleut dans ma chanson, Vladimir, que m'a expédié un amateur du même chanteur tombé par hasard sur le site) ou redécouvrir (Femme-plume, Italiano). Quand je vais en Italie, aux Pays-bas, en Espagne, Allemagne etc. Adamo est l'un des rares chanteurs français dont on arrive à dénicher des disques, ce qui rend d'autant plus incompréhensible la timidité bien française des medias à son égard. Je reste persuadé, quitte à faire hurler quelques fans et groupies, que quelques tubes dits "romantiques" comme Notre roman, L'amour te ressemble, et surtout Ton nom ont détourné de lui le large public qu'il mérite et qui se le représente comme un chanteur pour jeunes filles en mal de prince charmant, anachronique. Mais tous les chanteurs ont ainsi quelques titres que l'on peut trouver plus faibles ou ne pas aimer. Je me suis amusé à écrire un "Tombe la neige" en "yaourt" japonais à l'attention d'un ami nippon en utilisant des noms propres ou qui sonnent soleil levant (T'as des soucis Tatsumi, T'as des amis Miyagui, t'en a pas qu'à Tokyo, Même ici Yamamoto...). Très bonne version d'Inch Allah par Amalia Rodriguez, d'Amour perdu par Michèle Arnaud, de Et après par Richard Anthony et de Nous n'avons jamais parlé d'amour par France Arnell, Elle était belle pourtant par Michel Cogoni... En attendant une reconnaissance définitive amplement bien méritée. Bon son dernier CD n'est peut-être pas à la hauteur du précédent malgré Ce Georges, interprété avec l'inimitable Olivia Ruiz, On n'peut pas s'quitter (où il semble s'adresser à son public), Le très poétique "La couleur du vent" et un très convaincant Mon agenda. La part de l'ange est sans doute un peu plus commercial que les précédents et il contient des réussites incontestables, dans la fantaisie (Ce Georges, avec Olivia Ruiz), le lyrisme sentimental (Vers toi), le charme (Fleur), le poétique (La couleur du vent), l'engagé léger (Le féminin sacré), L'ai vu à l'Olympia le 5 février. plein de nouvelles chansons annoncées sur le futur CD... Ca y est il est sorti et c'est du meilleur : Rendez-vous sur Gliese dans le genre SF, De toi à moi et Je pense à toi dans le genre romantique, Alice dans le genre égrillard, Pourquoi tu chantes dans le genre philosophie de la vie, l'extraordinaire duo avec Christophe dans la reprise de Jour de lumière, le duo avec sa fille (T'aimer quelque part) et celui avec Chantal Lauby (Tous mes mensonges)... Tou est bon y compris la boîte à souvenirs...

Entre temps les duos de reprises dans le "bal des gens bien", duos avec Benabar, Souchon, Voulzy, Julien Doré, Isabelle Boulay, Raphael, Yves Simon, Cali, Ronan Luce, Thomas Dutronc qui tire aisément son épingle du jeu, Calogero... mais bon il s'agit de faire connaître ses tubes. Et l'on passe à côté des grandes chansons. Le meileur sans doute la reprise du néon avec Cali, Me smais sur tet hanches avec Julien Doré et La nuit avec J.Cherhal. Pauvre Verlaine aussi (Stanislas).

http://groups.msn.com/LesamisdAdamo

Sète, été 2001 : de dos : myself. Photo CTN

(un écart assez conséquent avec ce qui suit)

4) Malédiction d'Alain Bashung. Certainement la chanson que je fredonne le plus fréquemment. Lui aussi est capable de jeux de mots stupéfiants et de clins d'oeil culturels désopilants. Il a pris pour moi le relais d'Higelin au tout début des années 80 en trop brève concurrence avec Jean-Patrick Capdevielle.Le problème c'est qu'il est très inégal et que l'on a du mal à entrer dans chacun de ses univers. Mais quand il parvient à la réussite, il est littéralement génial : au delà de Gaby ou de Vertige de l'amour, comment ne pas craquer devant Rio Grande, L'arrivée du tour (deux des meilleurs morceaux de toute l'histoire de la chanson française intelligente) , C'est comment qu'on freine, Osez Joséphine, Ma petite entreprise, La nuit je mens (chef d'oeuvre absolu !) voire Bombez ou Martine boude, Touche pas à mon pote, SOS amor (tu m'as conquis je t'adore !)... Chez lui aussi il reste plein de choses à découvrir car il avait fait pas mal de disques, avant son succès foudroyant et mérité, fin des années 60... Je me souviens de Je vous crois et T'as qu'à dire yeah ! Son dernier disque avec Je t'ai manqué, Comme un écho sans mémoire et surtout Résident de la république m'émeut d'autant plus que mon ami Claude Colin est mort pratiquement en même temps que lui, emporté par la même maladie. Depuis j'ai acquis tous ses disques à la recherche de perles qui m'auraient échappées.

5) L'ange déchu : Jean-Louis Murat. je viens de le découvrir. mais comment ai-je pu passser à côté durant toutes ces années ? A chaque fois c'est la même surprise, le même charme qui opère. Commentaire suivra. Parmi les titres qui me viennent spontanément à l'esprit : Comme un incendie, Mirabelle Mirabeau, Je n'ai plus que toi animal, Le lien défait, Sentiment nouveau, Reversibilité (d'après Baudelaire), L'amour qui passe, Baby carni Bird, Si je devais manquer de toi, La légende dorée, Marlène, Mousse noire, Fort Alamo, Paradis perdus, Le garçon qui maudit les filles, Tout est dit, Les jours du jaguar, Le voleur de rhubarbe, La momie mentalement, Nu dans la crevasse, Caillou, La fille du fossoyeur etc. Comme on le voit chacun de ses disques contient des joyaux...

6) Les paradis perdus de Christophe. Je n'aurais jamais cru placer l'intreprète d'Aline parmi mes chanteurs de prédilection. Mais quand je l'écoute je suis sous le charme : Pas seulement pour ses mots bleus ou Succès fou, mais pour des tas de petits bijoux sonores que j'ai entendus par la suite et qui sonnent juste. Les meilleurs : Daisy, La dolce vita, l'Italie. Plus j'en écoute, plus je me rends compte que l'on ne l'a pas assez pris en considération depuis Les marionnettes ou Excusez-moi M. le professeur (que je chantais par provocation à des profs dans les années 60). Déjà pourtant j'avais flashé sur ses titres moins connus d'alors : La camargue (ça y est j'y suis), j'ai remarché, Tu es folle, Je chante pour un ami, J'ai entendu la mer, Je ne t'aime plus, Tu n'es plus comme avant, A ceux qu'on aime... Après 70, Merci John d'être venu, J'l'ai pas touchée, Minuit Boulevard, Main dans la main, Belle, The road from Salina, Samouraï, Paumé, Une autre vie, souvent réalisés avec la complicité de Boris Bergman ou Jean-Michel Jarre. Je me suis un peu lassé de Senorita (dont je préfère la face B Le temps de vivre) mais lors de son dernier Olympia, il a concocté de jolies surprises et de nouveaux indispensables : Elle dit Elle dit, Comme un interdit, L'enfer commence avec L. Enfin n'oublions pas ses reprises d'airs démodés dans ses "clichés d'amour" : Mon amie jalousie en particulier. Et puis j'aime sa voix. Il y a un son Christophe. Son dernier disque est une perle : wawawa, Mal comme...... J'adore son duo avec Adamo.

7) Blanche-neige : Brigitte Fontaine. : Le nougat, Brigitte, Inadaptée. Elle me sidère ! Que dire de plus ! Et ça ne date pas d'hier ! Ce qu'elle fait ne laisse jamais indifférent. Bizarrement c'est Général Alcazar (qui tourne aujourd'hui avec Pascal Comelade) qui m'avait vendu jadis l'un de ses disques (il ne s'en souvient plus forcément mais moi oui !) , Au tableau de ses réussites : La femme à barbe, y'a des zazous, c'est normal, cet enfant que je t'avais fait, les filles d'aujoud'hui, dommage que tu sois mort, il pleut, M. le chef de gare de la tour de Carol, Eternelle... Certaines avec Higelin, Areski et même M. Elle est originale, exigeante, imprévisible. Bref on aime cette folie-là.

8) 10) Maudite clochette... JULIETTE : même remarque que pour Jean-Louis Murat. Commentaire à venir. Je cite au hasard : Les garçons de mon quartier, Assassins sans couteaux, Mutatis mutandis, Mémère dans les orties...

9) Histoire de Mélody Nelson de Serge Gainsbourg. Cet album a beaucoup compté pour moi du temps de mon oisive et sentimentale jeunesse. Je le connaissais par coeur et le récitais à qui voulait m'entendre. Difficile de ne pas classer Gainsbourg dans un Top 50 quand on voit le nombre de choses formidables qu'il a faites pour lui ou pour les autres, de Chez les Yéyé (très bonne version d'Etienne Daho) à Marie Lou sous la neige, en passant par les jeux de mots décapants de Rock around the bunker (Nazi Rock, Tata Teutone, SS in Uruguay, J'entends des voix off) et Vu de l'extérieur (Des vents des pets des poums; Par hasard et pas rasé, Sensuelle et sans suite, l'hippopodame). Certes, je n'aime pas tout, notamment sa dernière période, mais n'eût-il écrit que la fille au rasoir, Elisa (très bonne version d'Arno récemment), l'anamour (qu'il interprète mieux que F.Hardy), les sucettes (mieux que F.Gall), Sous le soleil exactement (aussi bien qu'Anna Karina), En relisant ta lettre (très belle interprétation de Jean-Claude Pascal), Elaeudanla Téitéia, Les goémonds (celle-là j'aime bien l'interpréter), L'accordéon (beau duo télé avec Philippe Clay, Gréco la chante aussi très bien), Un violon un jambon, vilaine fille mauvais garçon (Pour Pétula, en attendant La gadoue), Le poinçonneur des lilas (version excellente d'Hugues Aufray et des Frères Jacques entre autres) qu'il ferait partie, pas seulement pour moi, des dix meilleurs. Autres titres phares : Viva Villa, Couleur Café, La chanson de Prévert (qu'interprète aussi Michèle Arnaud). Je préfère La javanaise interprétée par Juliette Gréco qui a sorti aussi de très bonnes versions des "amours perdues" et de L'amour à la papa, ou d'Accordéon. Jane Birkin m'a beaucoup fait rêver quand elle chantait Jane B. ou quand elle pleure dans Je suis venu te dire que je m'en vais. Je commence à m'éloigner de lui avec "Aux armes et Caetera" et je pense qu'il fait sous lui dans ses derniers disques que je considère comme ce qu'il a fait de plus mauvais (Love on the beat, Youre under arrest, mais cela començait à être inquiétant avec Sea sex and sun) . Concédons L'hymne à l'amour pour Dutronc, Ohio pour Adjani, C'est comment qu'on freine pour Bashung, Desperado pour Dario, sans doute aussi quelques titres d'Alain Chamfort. A la rigueur Elastique pour Charlotte.

10) Tes gestes, une très jolie et très perverse chanson de Georges Moustaki, associée pour moi à ce qu'Adamo appelait "une amourette insignifiante" et notre Johnny national, à "un amuur d'été". Moustaki est l'auteur d'un nombre impressionnant de chansons majeures des années 70, interprétées aussi par Reggiani (Votre fille a 20 ans, Sarah, Ma solitude). Je cite celles qui me reviennent le plus spontanément en mémoire : En Méditerranée (en plein franquisme ou dictature des colonels grecs), Voyage (je défie qui que ce soit d'y résister), Il y avait un jardin (écologique avant la lettre), Sans la nommer (La révolution permanente !), La carte du tendre (la préciosité revue au goût du jour des années 68), Danse, Il est trop tard (aussi beau que du Apollinaire sur le thème du temps), Joseph, La mer m'a donné, Les amis de Georges, Déclaration, Les eaux de mars (remarquable adaptation d'une chanson brésilienne), Je ne sais pas où tu commences, Le droit à la paresse (sur le beau-frère de Marx, Lafargue) et son incroyable interprétation du Gaspard (Hauser) de Verlaine. Moustaki fait partie de ces voix dont on ne se lasse jamais (sauf peut-être quand on vous repasse pour la centième fois Le métèque, Ma liberté ou Sacco et Vanzetti, ce qui est le meilleur moyen de vous dégoûter d'une chanson). Je pense aussi à sa Dame brune interprété avec Barbara tout comme la ligne droite, à ses marchands et à ses premiers textes notamment pour Piaf : Eden blues. Par la suite, il me semble avoir été moins performant mais sa fugue en la mineure est à la fois émouvante et nostalgique. J'ai pris des places pour aller le voir en concert mais la tournée a été annulée ce qui présage du pire...

11) Il suffirait de presque rien par Serge Reggiani : Tout quadra a fortiori quinqua digne de ce nom ne peut écouter ce titre sans sentir le poids des années qui passent et des regrets qui s'égrènent. Au début je détestais son petit garçon, comme toujours matraqué par les radios, alors que j'écoutais plutôt les groupes anglais ou les idoles des jeunes de l'époque. Mais avec la complicité de Moustaki entre autres ( La vieillesse, Madame nostalgie, Ce soir mon amour, plus les titres cités précédemment), que de réussites à son actif ! à commencer par son interprétation de Boris Vian (La java des bombes atomiques; Arthur où t'as mis le corps, je bois) ou Tisserand et son (L')homme-fossile, de Villon (ballade des pendus)... Hôtel des voyageurs aussi s'avère particulièrement touchante puisqu'il s'agit d'un couple en phase de désamour. Comme pour Moustaki on n'a que l'embarras du choix : Et puis, La chanson de Paul, le monsieur qui passe (Dona), La putain (Qui n'y a pas rêvé, tout minot ?), Le premier amour du monde, L'arabe (un appel à l'amitié entre les races), Nos copines (plus nostalgique, tu meurs !), Les loups, l'Italien, l'absence, Le déjeuner de soleil, les promesses (Alice Dona encore), Villejuif (sur la folie), T'as l'air d'une chanson, Le petit dernier de la classe (de son fils Stéphan), Le vieux couple (de copains), mais je pourrais en citer des dizaines d'autres, et plus récemment Quand je serai vieux je serai chanteur ou Noëlle, Petite fille aux yeux si grands. Le petit garçon, en revanche, me laisse un mauvais souvenir de titre trop entendu. Il sait également être drôle et dynamique comme le prouvent son dynamique 1901, Le Barbier de Belleville. ou Le souffleur.

 


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