Texte écrit à l'attention de Patrice Pouperon et affiché lors son exposition sur le mur Foster à Carré d'art, printemps 2010. Patrice Pouperon est décédé début septembre. D'où le caractère prophétique de certains vers.
L’INSPIRATION
Quand le souffle te manque
Pour tracer le chemin de tes croix
Sur les monts chauves de la fourbure
Respire
Et si tes jambes semblent lourdes
D’avoir en vain tant attendu
Le sens qui te ferait signe
Respire
Que ton ardeur se sent vacante
Si l’univers paraît de trop
Quand la mort rode sous tes soupirs
Respire
Respire aux rythmes endiablés des siroccos du sable
Respire aux longs abois de la bise transalpine
Respire aux courtes plaies des aquilons de glace
Respire aux doux assauts de la brise océane
Respire à la rose des vents
Au présent qui ne te tient plus
A la vie paquet défait
A l’horloge affamée de termes
Respire aux fleurs de l’encre
Aux abeilles de mots
Au miel qui coule dans ton sang
Du fond du pot
Respire avec ton ventre
Respire du bout des doigts
Avec la langue si ça t’inspire
Tant que le bail n’expire pas
Mais respire
Cet air qui nous est compté
Ce temps qu’on nous accorde
Ce corps qui nous est unique
Et cette terre enfin
Notre écrin
Notre bien
Notre espérance
Suite à son décès JPM nous a commandés, à Skimao et moi un poème à quatre mains que voici, inspiré par ses Horologes. Hommage à Patrice Pouperon
LA TOUR DE GARONNE
L’horloge en croix s’est tue qui pointait au cœur du poème
Le silence des heures répond à notre soif de savoir
Quand manque le souffle du temps nous est compté
L'essentiel d'un souvenir le temps d'un soupir
Si rude est la sente qui conduit au mont des vents
Puisse la force de l'esprit dépasser la lourde glaise
Le cœur a ses aiguilles dont la plus fine est mortelle
Puissances de la nuit l'incontournable balancier
Ecoute s’effeuiller la saveur des roses inodores
Le sablier de lunes diffuse son pâle reflet d'or
L’oiseau de paradis attend son heure blême
Le renouveau des ocres sonne toujours au mitan