(PUBLIE PAR LES EDITIONS RIVIERES AVEC UN TEXTE DE GERARD-ROCH SALAGER, ILLUSTRE PAR CLARBOUS)

 

DEPARTS A RIVER

 


Le déluge révolu, partir en quête d’un oiseau. Nul ne sait où voler vers le caveau suprême. La requête fait silence sur les ailes de sa genèse. L’absence de doute se dispose à l’envol. Loin des entrailles du possible, mère de tant de chimères  tenues en pot. Qui n’a poule de terre à se mettre sous dent.
Mais on reste - on reste afin de poursuivre, de se sentir moins seul au monde. On se confine en sa demeure… Celui qui demeure meurt mais par écrit… Même sous l’abri du serpent qui se mord, on attend la Mort sûre. Au regard d’une éternité s’ouvrir c’est partir en douce.
On reste en ces ambages où le corps se maintient. Les questions fusent. La part du reste ? Le résidu de nos essors ? La division en guise et lieu – et sa croissance ? La source des hauts le corps ? Les points de départ, suspendus au terme de la ligne.
Voyant, mot à mot, certes que dire : « On ne part jamais ». Le vagabond reste campé sur sa jambe pirate. L’œil des cieux s’irradie. La peau se tanne. Le cheveu se fait rare. La main perd de ses pennes. L’âme-sœur son latin. On ne parle jamais. De quel monde on parlerait… Vous nommez ça un monde, vous, Monsieur Sam ?
On erre dans la méprise du mouvement, l’erreur échéant à ceux qui errent. Dans le texte qui sue, le texte qui tue, le texte qui erre, se délie le textuaire. Le texte à deux têtes, eût dit le divin volatile des cimes déplumé. Le texte Tu. Le texte L’autre. Tel que je le Dis-je.
Les errants s’en vont aujourd’hui pour arrimer hier. Ils vivent en quelque limbe où la marche n’est guère aussi véloce. Le zèle décime.  Il faut de l’espace quand on consigne les bras libres, avec les ailes de l’art au creux des glabres paumes.
(Ne toucher aux autres qu’avec sobriété. Tout dépend de l’heure et du périple morphique des nuages. Ne toucher les autres que pour les porter aux nues, le sublimer, mais de pied ferme, nom de nom d’un nom de Dieu défunt !)
BTN

 

 

DEPARTS A RIVER (VERSION ANTERIEURE)
Dès lors que le déluge est révolu, on part à la recherche du réel dans l’infra-conscience qu’au fond se départir c’est mourir en douce. Nul ne sait du réel le caveau suprême. La quête se tait sur son origine. L’absence de doute se conjugue au départ. Dans les entrailles du possible : cette mère de l’illusion, surtout s’il s‘agit de la mettre en pot. Qui n’a point de poule de terre à se mettre sous dent.
Mais on reste - on reste afin de se perpétuer, sans savoir ce qu’il nous reste et sans la moindre illusion de rester. On se confine en sa demeure… Qui demeure meurt de… Même sous l’abri protecteur du serpent qui se mord, on attend la Mort sûre. Car pour l’éternité s’ouvrir c’est partir en douce.
On reste où le partir et le rester font partage de ce que le corps divise. Les questions fusent. La part du reste ? Le résidu de nos départs ? La division en guise et lieu de la croissance ? La source des hauts le corps ? Les points de départ d’arrivée sont suspendus au point de la ligne.
Voyant, mot à mot, certes que dire : « On ne part jamais ». Le vagabond reste campé sur sa jambe pirate. L’œil des cieux s’irradie. La peau se tanne. Le cheveu se fait rare. La main perd de ses plumes. L’âme-sœur son latin. On ne parle jamais. De quel monde on parlerait… Vous appelez un monde, ça, Monsieur Sam ?
On erre dans l’illusion du mouvement, l’erreur restant ceux qui errent. Dans le texte qui tue, le texte qui erre, le textuaire. Le texte à deux têtes comme eût dit le divin oiseau. Le texte Tu. Le texte L’autre. Tel que je le Dis-je.
Si les errants partent aujourd’hui pour arriver hier c’est qu’ils habitent en quelque limbe où la durée n’est guère aussi véloce. Et vu que le zèle décime, on a besoin d’espace quand on écrit les paumes libres, avec les ailes de l’art au creux des mains glabres.
(Ne toucher les autres qu’avec sobriété. Tout dépend de l’heure et du déplacement morphique des nuages. Ne toucher les autres que pour les porter aux nues, mais de pied ferme, nom de nom d’un nom de Dieu !)
GRS BTN